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Le Cas Kissinger



Henry KissingerLe cas Kissinger ne manque pas d'alimenter les conversations des complotologues de tout poil tellement l'ex-secrétaire d'état américain a influencé, et influence encore, la géopolitique internationale. Prix Nobel de la paix en 1973, ce membre originel du CFR, de la Commission Trilatérale et du Groupe Bilderberg est accusé d'être un criminel de guerre par le journaliste britannique Christopher Hitchens, d'être un reptilien par David Icke ou d'être un habitué des Bohemian Grove party. Certains l'ont même fait apparaître dans la liste des nominés au titre d'antéchrist1.

Pour mieux connaître un personnage, il est utile de connaître son comportement vis-à-vis des évènements. Ces derniers peuvent imposer des choix dans l'urgence que les historiens auront beau jeu de critiquer avec le recul. Néanmoins la philosophie de Kissinger tient dans la préservation et l'expansion du modèle américain contre tout système pouvant représenter une menace. Le bloc soviétique justifiait toutes les opérations d'ingérence que « K » résumait par ces questions : « Pourquoi laisserions-nous un pays devenir communiste ? Parce que le peuple est irresponsable ? »


Deux petits tours et puis s'en va

Il est vrai que, pour Mr Kissinger, « la morale individuelle ne peut s'appliquer aux relations entre Etats, où, bien souvent, il faut choisir entre deux maux le moindre ». Cette réflexion est on ne peut plus d'actualité dans cette période où le monde s'est déchiré autour d'une question : Faut-il aller faire la guerre en Irak ? On nous a forcé à faire un choix entre l'intervention d'une démocratie libérale dont nous dénoncions les égarements avant le 11 septembre et une dictature basée sur la peur, la répression, les massacres, la torture.. Si il faut suivre les préceptes de Mr Kissinger, le choix est vite fait, sauf que le démantèlement de l'oppressant pouvoir irakien aurait déjà pu et dû s'opérer depuis longtemps. C'est tout l'art de la géostratégie politique que de laisser pourrir des situations qui nous amène inévitablement à des impasses. L'aboutissement à cette situation est dû au fait que nous manquons nous-mêmes de vision et de courage politique. Mais déjà on voit pointer l'aile des faucons de la récupération politique qui viennent mettre le doigt sur cette apparente incohérence, celle qui veut que l'on annonce la fermeture d'unités de production de GIAT Industries alors que l'Europe ne peut soit disant pas s'imposer sur la scène mondiale de par ses carences militaires. Seulement l'Europe a déjà du mal à avoir une vision politique de sa constitution et de sa géographie, alors je vois mal comment une armée au commandement polycéphale ou alternatif ne pourra pas avoir des comportements incohérents à la lumière du recul que nous donnera l'histoire. On évite de laisser une arme à un schizophrène.

Kissinger et PinochetLe déclencheur initial de la guerre contre l'axe du mal fut l'écroulement de deux tours, écroulement dont la date coïncide avec la résurgence d'un passé qui n'a rien à voir avec un quelconque terrorisme islamique. Je veux parler du renversement de Salvador Allende par Augusto Pinochet a eu lieu au beau milieu du règne de Kissinger, le 11 septembre 1973. Les 24000 documents déclassés par le gouvernement américain à l'occasion de la procédure à l'encontre de Pinochet ont montré l'influence de la politique américaine sur l'avenir du Chili. Le 11 septembre 2001, soit 28 ans jour pour jour après le coup d'Etat Chilien, le Washington Post révèle que le fils d'un chef d'état major chilien, le général Schneider qui a été assassiné après avoir été enlevé, poursuit en justice Kissinger.

 Le fracas de la chute des tours coupe court de façon providentielle à la portée médiatique qu'aurait pu avoir cette affaire. Dans les heures qui suivent la catastrophe, le site internet du Washington Post se faisait le support d'une tribune libre de l'ancien conseiller national de sécurité qui commençait par « Le gouvernement devrait se voir confier la mission d'apporter une réponse systématique qui aboutira, on l'espère, au même résultat que celle qui suivit l'attaque de Pearl Harbor - la destruction du système responsable de cette attaque2 ». Intéressant que quelqu'un d'aussi bien informé fasse référence à Pearl Harbor, début d'une guerre dont l'heure et le lieu de l'attaque étaient connus d'avance (voir ici)! Et quand des doutes surviennent sur les vulnérabilités et les échecs de diverses agences fédérales dans les événements du 11 septembre (notamment la CIA, la centrale de renseignement, la NSA, l'agence chargée des écoutes, la police fédérale (FBI), les services d'immigration (INS) et la sécurité du transport aérien), c'est Mr Kissinger que le président Bush nomme à la tête d'une commission d'enquête « indépendante3 », dont il se retira en décembre 2002 prétextant des conflits d'intérêts avec ses clients actuels. à moins que ce soit le documentaire de Eugène Jarecki , « Le Cas Kissinger4 », réalisé la même année, qui a eu pour effet d'éloigner le personnage des sphères où il aimait graviter.


Responsable mais pas coupable

Si la responsabilité directe de l'ancien secrétaire d'Etat américain ne fait plus aucun doute dans les campagnes d'assassinats et de subversion de la démocratie au Chili, il en est de même dans la prolongation de la guerre au Vietnam et son extension au Cambodge et au Laos, ainsi que de sa complicité dans le génocide du Timor-Oriental. Les Etats-Unis ne reconnaissant pas le tribunal pénal international pour leurs ressortissants, il sera difficile de faire reconnaître certaines réalités.

Néanmoins si, comme nous l'avons vu, les déclarations du personnage sont toujours suivies d'effet sur la scène internationale, on peut s'effrayer de ce qui suit.

Il déclara ce qui pourrait être une justification de la politique impérialiste américaine dans le moyen orient : « Le pétrole est une chose trop sérieuse pour qu'on la laisse aux Arabes. »

Plus récemment, dans une tribune du Washington Post5, il espérait au sujet de la guerre en Irak que « le réalisme français prévaudra et que Paris sera aux côtés des américains en cas d'intervention militaire », « si la France et l'Allemagne ne souhaitent pas renoncer à  leur vocation européenne », ce qui pourrait être compris comme une menace quand on connaît le passé de l'individu.

Mais il se laisse aussi aller à des aveux sur certaines institutions quand celle-ci ont des effets contre-productifs : « Tel un médecin ne disposant que d'une seule pilule pour tous les maux imaginables, il (le F.M.I) prêche presque invariablement l'austérité, de forts taux d'intérêt pour empêcher la fuite des capitaux, en préconisant de grosses dévaluations pour décourager les importations et renforcer les exportations. Il en résulte mathématiquement une chute brutale du niveau de vie, du chômage et de la pauvreté, qui affaiblit les institutions politiques chargées d'exécuter le dit plan.6 »

Mais il se rattrape aussitôt en affirmant que « le Capitalisme de marché reste le meilleur moteur de croissance économique et de hausse générale du niveau de vie. Cependant, comme l'arrogant capitalisme du laissez-faire a permis l'éclosion du Marxisme au XIX ème siècle, le mondialisme aveugle des années 90 pourrait bien susciter une remise en cause du concept même de liberté des marchés financiers ». Les dirigeants en place sauront faire bon usage de cet avertissement pour mieux faire semblant de considérer les remontrances des antimondialistes, ou pour amplifier exagérément leur noyautage par des extrémismes minoritaires. Il pourront être aidé en cela par certain médias sans avoir besoin de leur demander, quand on sait que Mr Kissinger appartient au comité consultatif de Holinger, un groupe qui détient 68 % des journaux au Canada et plus de 250 journaux et magazines à travers le monde7.


Le sens de l'action

Dans un document qu'il rédigea en avril 1974 alors qu'il était Conseiller à la Sécurité Nationale américaine, le NSSM 200, il conclu : « Le dépeuplement est l'axe prioritaire de la politique étrangère américaine dans les pays du Tiers-monde. » Il n'est pas étonnant qu'à la suite de tel propos certaines personnes se demandent si il n'y a pas un rapport entre cet objectif et l'apparition soudaine de pathologies dont les effets dont d'autant plus meurtriers que ces contrées sont peu pourvues en moyens sanitaires. On peut aussi voir dans cette conclusion et à la lumière de tout ce qui précède, que plus que la sauvegarde d'un système politico économique, c'est la survie d'une caste et la diffusion de ses valeurs sur l'ensemble du globe qui importe pour Mr Kissinger, quel que soit le prix à payer pour ceux qui n'en font pas partie. Nous connaissons tous le sort « accidentel » de Diana, une personne « politiquement et diplomatiquement incontrôlable » de l'avis de Mr Kissinger.

Tous les sous entendus du personnage se sont révélés plus lisibles après que le temps qui passe nous ai permis d'avoir assez de recul sur les évènements pour pouvoir les saisir. C'est ainsi que l'on pourrait l'encenser pour ses analyses prévisionnelles qui tombent toujours juste et ses sous entendu qui semblent en dire encore plus long que ses déclarations. Mais on serait aussi en droit de le soupçonner de manipulation globale étant donné ses responsabilités au plus haut niveau d'un des états les plus puissants, et ce encore récemment puisqu'il fut l'un des conseillers de G. W. Bush lors de son élection présidentielle. Alors c'est imprégné de ce sentiment ambivalent que je vous laisserai méditer sa déclaration du 21 mai 1992 à Evian :

Henry Kissinger« Aujourd'hui, les américains seraient outrés si les troupes des Nations Unies entraient dans Los Angeles pour rétablir l'ordre.
Demain, ils leur en seront reconnaissants ! Ceci est spécialement vrai si on leur disait qu'il existe une menace extérieure, réelle ou fictive, mettant en péril notre existence même.
Alors tous les peuples du monde supplieront leurs dirigeants de les délivrer de ce mal.
Tout le monde craint l'inconnu. Quand les gens connaîtront ce scénario, ils abandonneront leurs droits individuels en échange de la protection de leur bien-être par les gouvernements.
Il me semble évident que les gens ne sont pas prêts à entendre tout ce que savent certains de nos dirigeants.
Peut-être que nos visiteurs extraterrestres peuvent décider qui est prêt pour la vérité et qui ne l'est pas. Peut-être est-ce une question de choix individuel. »





Sources :

Le Journal du Dimanche, Dimanche 6 avril 2003.

1 http://www.bibleetnombres.online.fr/candidat.htm

2 « 11 septembre: Le retour d'Henry Kissinger » http://usgohome.free.fr/actualite/11_septembre.htm

3 « 11 septembre 2001 - Henry Kissinger va présider une enquête «indépendante» » - Le Devoir.com http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/14684/11-septembre-2001-henry-kissinger-va-presider-une-enquete-independante

4 Présenté pour la première fois en France lors du FIPA de Biarritz en janvier 2003, il est diffusé sur la Cinq/Arte mercredi 9 avril 2003 à 20H45.

5 Lundi 10 février 2003

6 « Le F.M.I fait plus de mal que de bien », Le Monde.

7 Le Plus Grand Secret, Tome 2, David Icke