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Métamatrix


L’univers de Matrix est le fruit d’un savant cocktail d’action, d’amour, de philosophie et de croyance. Son succès s’explique par le fait qu’il rentre en résonance avec le questionnement spirituel d’une civilisation revenue de nombreux systèmes aussi bien philosophiques que politiques ou économiques. La religion n’est plus la pierre de touche de la génération Matrix. Sa surqualification mise en parallèle avec la médiatisation des injustices de la société et la déification du matérialisme n’a fait qu’accroître le malaise des rejetons désenchantés des années 80. Beaucoup se demandent où est-ce que toutes les tribulations de la vie peuvent bien les mener. Les responsables économiques et politiques veulent leur faire vivre une certaine existence dont ils ont du mal à définir le sens. Ils sentent bien que l’important n’est pas dans ce vers quoi on tente de les conditionner, mais baissent les bras à partir d’un certain âge, fatigués de se battre contre ce qui leur paraît inéluctable.

Néo se posait les mêmes questions sans se l’avouer, avant de croiser Trinity. Il obtient peu à peu des réponses à ses questions et se délivre de la Matrice. Appliqué à notre quotidien, Matrix suit un mode de raisonnement qui peut nous aider à réaliser que l’existence que nous considérons comme réelle n’est qu’un trompe-l’oeil, et une fois le voile levé, nous permettre de définir le véritable sens de la vie. Si Matrix vous a passionné tout en vous laissant sur votre faim, apprêtez-vous à découvrir ce concept qui va au-delà de la métaphysique : la métamatrice.


  Tu es dans la matrice  



Lorsque nous nous projetons dans l’infiniment petit, en deçà des atomes, en deçà des protons ou des neutrons, en deçà des quarks ou des leptons (les plus petites particules identifiées aujourd’hui), nous entrons dans le domaine de la physique théorique. Et l’une des hypothèses qui tentent d’expliquer ce qui se passe dans cet univers lilliputien et la théorie des cordes. Cette dernière fait intervenir des « entités » infiniment infimes qui vibrent ou résonnent selon certaines fréquences et donnent ainsi naissance aux particules fondamentales.

Lorsque nous nous penchons sur l’étude du vide, la théorie quantique affirme qu’en fait ce vide n’est pas réellement vide, mais qu’il fourmille de fluctuations électromagnétiques. L’énergie qui est censée se dégager de ces fluctuations se calcule en les décomposant en vibrations régulières dont on fait la somme. Seulement les physiciens se voient confrontés à une impasse arithmétique. En effet, le résultat débouche sur une quantité d’énergie infinie. Les physiciens se sont alors orientés vers les mondes multidimensionnels pour tenter de valider leurs théories et expliquer cette énergie surabondante.

Pourtant il se pourrait que les fluctuations du vide et les vibrations qui fondent les particules soient les deux faces d’une même médaille, et qu’elles aient la même origine. Les cordes et le vide sont tous les deux composées de rayonnements. Ils sont électromagnétiques pour le vide. Il s’agit d’« entités » pour la matière, terme assez obscur et politiquement correct qui à mon avis a juste été employé pour ne pas risquer de dématérialiser la matière par une définition plus claire de la composition des cordes, sachant qu’à cette échelle la notion de particule n’a plus aucun sens

Si nous retournons à des dimensions plus palpables, nous pouvons affirmer que quoi que nous observions, d’un être vivant à l’élément le plus basique, tout est le résultat de fluctuations d’ondes. Pour faire le parallèle entre Matrix et notre milieu naturel, on notera que d’un côté nous avons des êtres de chair et d’os dont l’esprit est plongé au sein d’un programme informatique, et d’un autre les mêmes êtres qui sont composés à la base de fluctuations d’ondes. La fiction rejoint alors de manière étonnante la réalité. Cette dernière est même encore plus angoissante que la fiction quand nous nous rendons à l’évidence que nous ne sommes qu’un savant amalgame de composés radioactifs. On est en droit de se demander de quelle façon peut tenir un tel assemblage qui dans l’infiniment petit est fondamentalement identique. On peut se questionner sur la force qui lui a donné naissance et a fait qu’il s’est organisé de telle façon à atteindre une forme qui lui permette de s’interroger sur lui même. On pourrait poser l’hypothèse facile d’un Architecte, mais cela reviendrait à faire naître immédiatement une autre question, celle qui chercherait à nous renseigner sur l’origine de l’Architecte.


  Prêt à suivre le lapin blanc ?  

Dans le monde réel de Matrix, les décrypteurs d’images ne peuvent traiter toutes les données de la Matrice. Les opérateurs sont donc obligés de visualiser directement les lignes de codes sur leurs écrans pour surveiller ce qu’il se passe à l’intérieur du programme. Dans notre monde l’observation de toutes choses est le résultat du traitement, par l’intermédiaire de notre cerveau, de l’information que représente l’onde émise par l’objet examiné. La longueur d’onde de cet objet pourra par exemple définir sa couleur. Nos décrypteurs encéphaliques portatifs fonctionnent à plein régime. Il en est de même quand nous dormons, et ce afin de rendre compréhensible par l’intermédiaire de nos rêves le résultat de leurs connexions électrochimiques impromptues dont nous nous passerions parfois volontiers.

Mais contrairement au film où les écrans du vaisseau donnent un état intégral de ce qui se passe dans la Matrice, l’interprétation que notre cerveau donne à ce qui nous entoure ne correspond même pas à la réalité au niveau macroscopique. Par exemple, notre spectre visuel, auditif ou olfactif est relativement limité comparativement à celui de certains animaux.

Néanmoins, ces différentes perceptions, dans la fiction comme dans la réalité, ne sont possibles que grâce à la présence d’une des dimensions les plus énigmatiques dont on puisse faire l’expérience tous les jours : le temps.

Pour mieux comprendre notre relation au temps, il est intéressant de passer par l’exemple de la télévision et de son fonctionnement. Pour faire simple, l’image que vous voyez apparaître sur le tube cathodique est le résultat du balayage incessant de haut en bas et de gauche à droite d’un faisceau d’électrons sur les centaines de lignes qui composent un écran. Ce faisceau commence sa course en haut à gauche, parcourt une première ligne, revient instantanément au début de la seconde ligne, la parcourt à son tour, et ainsi de suite pour chaque ligne de l’écran. Il recommence cette série de mouvements pour chaque image. Sachant qu’un film se déroule à peu près à 27 images par seconde, et vu le nombre de lignes dont dispose un tube cathodique, il va sans dire qu’étant donné notre sensibilité visuelle il nous est totalement impossible de saisir la position exacte du faisceau d’électrons à un instant précis. Nous ne pouvons qu’en voir le résultat, à savoir les images.

Cependant on comprend aisément par cet exemple que, vu le mode de fonctionnement d’un tube cathodique, le faisceau d’électron ne peut pas être partout à la fois sur la surface de l’écran. Ce qui fait que nous pouvons regarder la télévision en ayant l’impression d’un déroulement d’images sans accroc, c’est la combinaison entre la rapidité du faisceau d’électron, notre sensibilité relativement réduite aux fréquences élevées, ainsi que notre capacité de mémoire résiduelle et d’anticipation par la force de l’habitude.
J’entends par « mémoire résiduelle » la capacité à retenir l’image qui précède pour pouvoir comprendre la suivante.
L’ « anticipation par la force de l’habitude » se définit par l’inéluctabilité. Si sur notre bonne vieille planète on tient une pierre en l’air, et qu’on la lâche, on a peu de chance de la voir s’envoler.
L’intervention quasi simultanée de ces quatre facteurs est imperceptible, mais elle est essentielle pour l’impression de fluidité que nous renvoie le déroulement des images, et pour l’entendement du programme. Supprimez-en un et vous constateriez que le programme est invisible ou incompréhensible. Arrêtez le temps, figez-le hypothétiquement dans le présent, et seul un point dénué de toute signification figurerait sur l’écran. Et encore, serait-ce réellement un point… ?


  La cuillère n'existe pas  

Si l’on veut atteindre la vérité scientifique, il faut écarter les hypothèses. Ce dont nous sommes sûrs sans élaborer d’hypothèses c’est que l’univers existe par l’intermédiaire de la sensation que nous en avons. Dire que l’univers existerait si nous n’étions pas là reviendrait à faire une hypothèse puisque personne ne serait présent pour vérifier cette affirmation, bien que cela nous paraisse évident par habitude et par la nature de nos perceptions.

Mais partir sur le postulat que notre impression de l’univers se retrouve tout entière à l’intérieur de nous revient a admettre que nous sommes, chacun de nous, des êtres solitaires capables de contenir l’infini. C’est par notre intermédiaire que l’univers prend conscience de son existence. Ce n’est donc que par notre intermédiaire qu’il peut prendre conscience de son sens. Celui qui se pose la question de la compréhension de l’univers ou de l’éventuel sens de la vie doit s’affranchir de toute supposition qui voudrait que l’univers puisse exister sans lui et ce pour la validité du raisonnement. Il se doit d’intégrer mentalement l’idée que tout ce qu’il perçoit fait partie de lui. Cet égocentrisme de fait, dont le corollaire est la solitude et la peur qu’elle peut engendrer, est nécessaire pour éviter les suppositions ainsi que pour poursuivre le décryptage de notre matrice.

Cet être solitaire qui s’est émancipé de tout influence extérieur pour ne se fier qu’à ses sensations, doit également se libérer du temps pour ne considérer que ce qui est une certitude, à savoir le présent immédiat.

Néo atteint la maîtrise de son univers en réussissant à visualiser directement les lignes de codes plutôt que les images qu’elles représentent. Pour faire un parallèle dans notre monde, il faudrait que nous soyons capable de nous libérer du filtre réducteur de notre cerveau qui ne nous laisse percevoir que des apparences, et de visualiser directement les fluctuations d’ondes à l’origine de tout ce qui nous entoure. Mais cette vision serait encore le résultat d’un processus cognitif. Si nous nous plaçons dans le présent immédiat, nous nous situons dans un moment qui n’a pas de durée. Si tôt atteint il est déjà passé. C’est un instant nul. Les fluctuations à l’origine de l’énergie du vide ou des particules dépendent du cours du temps. Si on les étudie dans le présent immédiat, cela reviendrait à faire l’étude d’une ondulation sans durée temporelle : la valeur en serait toujours nulle. Mais si ce qui est à l’origine du vide et des particules n’a pas d’existence dans le présent immédiat, cela revient à dire que l’univers tout entier n’a donc pas d’existence au présent. Pourtant nous en avons bien la perception ! Cela s’explique par le fait que tout ce qui nous entoure, mais aussi tout ce qui nous compose, est éternellement recréé au fil du temps. C’est ainsi que l’instabilité permanente du monde fait intégralement partie de notre conception. Le néant parvient en conséquence à nous donner la sensation qu’il existe. L’être doué de conscience a donc la perception d’une continuité qui est en fait la répétition d’une infinité d’états nuls.


  Un monde plein de vide  

Je tiens à rassurer toutes les personnes ayant des dispositions à la dépression, état qui aurait pu s’accentuer à la lumière de ce qui précède. Cet état signifie, pour les personnes concernées, qu’elles sont plus en accord avec l’univers que celles qui n’en font pas l’expérience. Cela s’explique quand on connaît la cause et le but de l’univers.
Comme nous l’avons vu précédemment, tout ce qui nous entoure, ainsi que nous mêmes, sommes le résultat d’un assortiment de fluctuations ondulatoires en permanent renouvellement. L’univers se recrée à chaque seconde comme le premier jour, sinon il disparaîtrait aussi sec ! Donc le besoin de création permanente immanent à l’univers impose que sa cause soit elle aussi patente en permanence. Et nous avons vu que la seule chose qui se manifeste à chaque instant du présent est le vide.

La cause de l’univers est donc le vide.

Le vide n’est pas quantifiable, à l’image de l’infini qui n’a pas de limite ou de caractéristique autre que les hypothèses des physiciens. Mais si l’on s’abstient d’émettre des hypothèses, on constate que ce que nous percevons n’est qu’une succession de moment présent nul qui nous donne l’illusion de ce qui compose un univers infini. Mais l’infini n’a pas une caractéristique, il les possède toutes puisque par définition il est infini. Il n’y a qu’un seul état originel qui puisse regrouper ainsi toutes les caractéristiques, le néant. L’univers apparent va vers l’infini, dans l’illusion du temps et de l’espace qui permet au présent d’exister tel que nous le percevons.

Mais en fait, le but est le néant.

On peut donc résumer la cause et le but au néant, sachant qu’en plus de cela, le néant n’a besoin d’aucune cause pour être. Notre conscience du monde vient interférer dans le théâtre d’illusions du néant. Néanmoins elle est soumise aux mêmes lois que le reste de l’univers. Nous sommes le résultat d’un accommodement du vide qui tend à vouloir embrasser l’infini. Cette réalité s’oppose à l’impression de solidité matérielle que nous inflige notre condition actuelle, modelée et conditionnée par l'inexorable course du temps. Comme l’insinuaient, sans vouloir l’admettre totalement, les dernières parutions scientifiques à destination du grand public1, le vide est à l’origine du monde, au cœur de tout ce que nous percevons, et de ce que nous sommes. De plus elles corroborent le fait que l’énergie sombre, que certains assimilent à l’énergie du vide, serait une des causes de l’expansion de l’univers. Mais ils ne vont pas jusqu’à oublier le big bang et poser l’hypothèse qu’elle puisse être la seule cause d’inflation.

Toujours est-il que l’état dépressif que j’évoquais au début vous paraît maintenant certainement plus naturel. Notre origine, notre existence, et notre but ne sont que vide, maquillé par les apparences que lui donne l’espace et le temps. Ce creux, cet enfoncement2, cette angoisse qui se transforment en une inappétence à la vie sont la manifestation d’une harmonie naturelle avec notre caractère originel et notre structure basique. Il faut être conscient de notre nature profonde à laquelle nous ne pouvons rien changer pour suivre la route qu’elle a empruntée en des temps immémoriaux, alors qu’elle était encore inconnaissable. Il ne faut pas s’en inquiéter ni la fuir par des expédients chimiques, car fondamentalement, vous ne feriez que combler votre vide intérieur par un vide extérieur… La seule pilule qu’il vous ait recommandé de prendre, c’est la rouge, celle de la connaissance qui vous libère du carcan de votre questionnement existentiel. Notre vie ne prend son sens que dans cette tentative à la fois vaine physiquement et mentalement jubilatoire, puisque sans limites, de tenter d’atteindre l’union parfaite avec l’univers. Embrasser l’univers signifie être en harmonie avec ce et ceux qui nous entourent.

A ce stade, vous êtes un Néo un peu déstabilisé par la découverte de la nature de la Matrice. Il va falloir vous entraîner pour ne pas vous fourvoyer dans des problématiques superficielles aux yeux de notre vraie nature et de notre destinée.


  Et Trinity dans tout ça ?  

Nos comportements en ce qui concerne le plus connu des phénomènes irrationnels, à savoir l’amour, sont le pendant des règles universelles. Nous suivons à l’échelle humaine le schéma du vide qui va vers l’infini. Mais le néant qui poursuit le but inaccessible de vouloir s’unir à tout, développe différentes méthodes.

Les points bipolaires des champs sub-quantiques précèdent les proto-particules qui sont à l’origine des atomes. Cependant la stabilité progressive et l’équilibre mécanique acquis par ces derniers au cours du temps enraillaient le besoin d’unité. C’est ainsi qu’apparut la vie, un nouveau moyen pour progresser vers l’unité. Mais notre condition matérielle s’oppose à notre volonté d’union, de par les secrets qu’elle permet de cacher, de par les apparences au quel notre jugement se réfère, ainsi que par les désirs et les tentations superficielles qui nous entourent. Le domaine des sensations est subjectif et changeant.

De plus, tout amour aussi sincère soit-il sera toujours inabouti car il n’est que le fruit d’une prédétermination originelle de symbiose avec le tout. Cette course vers l’infini se trouve être naturellement inaccessible et perpétuellement limitée de par notre impression de solidité matérielle, mais aussi par notre conscience qui fixe la limite entre ce que l’on imagine être et ce que l’on considère comme étant à l’extérieur de nous. Cette dispersion absolue dans l’autre correspond à ce processus de réunification inaccessible, qui n’a pour résultat que de donner au monde plus de potentialités amoureuses par le biais de la procréation. Mais d’un autre point de vue, l’augmentation de la population qui s’en suit ne fait qu’accroître le nombre de frustrés d’un désir amoureux jamais complètement assouvi. Ce désir demeure insatisfait de par cette résistance à l’unité du néant et par notre caractère mortel qui a pour résultat de nous séparer tôt ou tard de l’être aimé, tout du moins sur notre plan d’existence. Nous sommes arrivés à un stade de développement comparable à celui qu’avaient pu atteindre les atomes quand ils se sont stabilisés, un stade où il leur a été nécessaire de développer d’autres formes pour se rapprocher de leur but. C’est pour cette raison qu’il n’est pas illogique de penser que d’autres formes d’évolution aient pu voir le jour.

Matrix Reloaded contient une scène où se mélange le tumulte d’une fête aux allures techno et les plans d’une chambre en voûte ou s’ébattent fiévreusement Néo et Trinity. Nous voyons là le caractère temporel de l’union des corps, qu’elle se manifeste par l’intermédiaire de la transe musicale ou des ébats sexuels. Dans un cas comme dans l’autre, après la recherche d’un plaisir prolongé autant que possible afin de se sentir exister, la solitude est finalement le lot de chacun. Nous sommes bien obligé de nous rendre à l’évidence que le tumulte de la multitude et la luxure ne sont que des palliatifs sans grand effet contre notre désenchantement face à la vie. Mais il ne faut pas s’en attrister ni en avoir peur. Les limites corporelle, temporelle et mentale de nos vies sont nécessaires. Elles nous poussent à progresser vers plus de connaissance, plus d’amour, plus d’unité, jusqu’à atteindre des formes d’existence nous permettant d’évoluer plus facilement dans ce sens. Le sentiment amoureux, inutile en soi à la reproduction, est à la fois le témoignage du mécanisme universel, mais également le guide qui tend à écarter l’humanité du monde des apparences. De là surgit la véritable connaissance, celle qui revient à saisir l’essence des choses.


  Conclusion  

La matrice dans laquelle nous évoluons nous paraît être la même depuis la nuit des temps. Mais nous ne sommes qu’un rouage disposé à un endroit pour une durée limitée, et dans un état de conscience handicapé par la sensation d’une cangue matérielle. Il est difficile de concevoir que nous ne soyons qu’une étape d’un processus, tellement tout ce que nous percevons nous paraît permanent et extérieur à nous.

Mais fondamentalement, tout ce que nous vivons et percevons n’est qu’un ingénieux amalgame de vide organisé. Ce néant est encore plus angoissant que la « matrice » puisqu’il nous apparaît réel et parsemé d’objets matériels alors que fondamentalement tout n’est qu’un agencement de vide interprété par d’autres agencements de vide encore plus complexes. Notre vie n’a de sens que si elle suit le chemin tracé par ce processus de développement digne d’un prestidigitateur. L’évolution nous apporte la conscience qui nous donne la possibilité d’assouvir notre soif de connaissance qui elle-même nous permet de nous épanouir en nous unissant, tant que faire se peut, au Tout. En d’autres termes, on peut dire que l’on est là pour aimer les autres et être aimé, et ce dans les limites que nous impose notre volonté inconsciente qui crée la sensation d’un univers matériel pour se sentir exister.

Il ne suffit pas de se révolter contre ses bourreaux pour vivre mieux, il convient aussi de définir pour quel avenir on part en croisade. Il ne faut pas confondre le lapin blanc et celui de Donnie Darko3. Ainsi libéré de la matrice qui nous empêchait de voir la réalité, on pourrait tenter de poser les bases d’une société adaptée au sens de l’évolution. Une société où la connaissance et les relations constructives, avec et pour le monde extérieur, seraient mises en exergue. Une société où seraient privilégiés les secteurs permettant d’atteindre ce but, tel que l’éducation dans l’optique d’un développement du raisonnement et non d’un bourrage de crâne, ou la coopération, et ce pas seulement à des fins commerciales, ou encore l'exploration intersidérale. On pourrait faire en sorte que nos relations avec les autres soient plus respectueuses, bienveillantes, compréhensives et s’appliquer à relativiser les tensions passagères. On pourrait s’émanciper des différentes religions car la population ne vivrait plus dans la crainte du châtiment, mais en ayant conscience de la nécessaire bienséance de son comportement. On pourrait faire s’écrouler des empires en dédaignant nombre de productions matérialistes qui n’apportent rien à notre vie quotidienne, sans pour autant retourner à l’âge des cavernes.

Sion n’existe pas. Il faut la penser et anticiper ses imperfections avant de vouloir quitter notre cité actuelle, car sinon la désillusion risquerait d’être bien grande et profiterait à ceux qui ont compris la matrice et s’en servent dans leur propre intérêt.





Sources :

1 Titre de Science & Vie, n°1029, juin 2003 : « Le vide est plein d’énergie », et « Tout devient possible à partir de rien ».

2 lat. depressio

3 Donnie Darko, film réalisé par Richard Kelly, 2001. Donnie Darko est un adolescent qui a un ami imaginaire Frank, un lapin géant au visage effrayant. Ce lapin lui annoncera que la fin du monde est proche et qu'il doit accomplir sa destinée...

L'origine du monde, Collectif, Edition Felix Verlag, 2002

Matrix